Poèmes - Compilation n°2 by Gwendal CLAUDEL - HTML preview
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Vietnamien Homo Sapiens
Dans une lutte sanglante, si… insensée, Rampant dans les hautes herbes,
Un soldat, particulièrement adepte des pièges s’affaire. Le visage peint d’une curieuse teinte blanchâtre,
Il ouït dire que des Américains à la poigne de fer, Car la pose d’un autre coloris serait folâtre,
Sur ces courtes terres, s’apprêtent à s’élancer. Jaillissent des hommes d’une seule et unique gerbe.
Défendant son territoire du mauvais, La lance à la main, hurlant à pleins poumons,
Qu’importe les pluies d’un rougeoyant napalm, Et croyez-moi, les bougres ont du coffre,
Le fier peuple du Vietnam lui ne se sauvait, Ces habitants, de nus plaines et monts,
De l’ignoble, qui, de ce titre en remportait la palme. Du ciel, en acceptèrent de bon cœur les offres.
Galvanisé, se pressant alors dans son ouvrage, Animaux, fruits, pluie, bref…
Pestant à l’encontre de ces enfants de l’indécent, Autant de mets pour une contentée panse,
Il fignola un mal non des plus récents, Que de chasseur qui chaque jour se dépensent,
Mais qui fera couler abondamment l’un des sangs… Trouveront judicieuse la volonté de telle greffe.
Revissant son casque sur sa courte tête, Aujourd’hui la pêche a été particulièrement bonne,
Courant se mettre à l’abri dans un souterrain, Un aventurier, courageux d’une voisine tribu,
Lui, ce pays, il l’appréciait jusqu’au bout des reins, Servira pour le souper de la Mère Bobone,
Et ne pouvait donc que se désoler du présent en-tête. Amis… accueillez donc notre cher Otribu !.
04/09/2025 04/09/2025
Seppuku
Opérateur
Honneur, honneur, et… honneur.
Tels se gravaient les trois mots d’ordre du japonais, À distance, usant des ondes terrestres en Hertz,
Qui préférait fièrement à la mort se donner, Sirotant un café frappé à la grecque,
Plutôt que de calquer la frivolité du déconneur. Et grignotant gentiment un paquet de Bretz,
Un opérateur s’éprend de l’autorité de Paprec.
Retirant ses quelques couches de vêtements,
Afin de s’offrir torse nu pleinement à l’au-delà, Le tri… quelle merveilleuse invention…!
Il déboutonnera l’habit, sans l’once d’un mécontente- S’enthousiasmait-il, perdu dans l’extase des anges,
ment, Chaque fois qu’un missile « sans grande prétention » ,
Malgré la sévérité de ce silence plat. Effrayait à son passage d’abouliques mésanges.
Le calme avant le rugissement de la tempête, Balistique, cet engin de mort téléguidé,
La guerre était de toute manière perdue… Surgira devant l’heureux perron de sa cible,
Femmes, ânes, enfants couraient de façon éperdue, Qui, à contrecœur, se surprendra passible,
Et les hommes en imitaient le bal des gambettes. D’une exécution à des lieux froidement décidée.
De fait, l’esprit nu d’aigreur, apaisé, Observant la parabolique trajectoire de son jouet,
Un homme, fichtrement réputé pour son ara qui rit, Le technicien, distribuant là ses roses noires,
D’une lente démarche, minutieusement soupesée, Ne s’offusquera que des mines, en son instant enjouées,
Sans plus de fioritures, se délivra harakiri. Remplissaient les pièces d’un condamné manoir.
04/09/2025 04/09/2025
Gradés Arbalétrier
Le casque fermement vissé sur le crâne, Le pendant de l’archer, mais moins versatile,
Les yeux camouflés du repère des vivants, L’arbalétrier profitera d’une moderne avancée.
Ces conducteurs, pilotes au bonnet d’âne, Clair sursaut de neurones et de pensées,
Se plieront aux prêches d’un compétent savant. Qui accouchera d’une pluie de « Qu’y a-t-il ?! ».
Chaque jour, une espérée avancée en la matière, Véritable révolution du tir à l’arc,
La rend d’autant plus carnassières, La courbe insufflée, trajectoire du messager,
Comme si… comme si l’agonie d’hier, Dès lors, non plus lourdement s’arque,
Ne tapissait les murs que pour faire litière. Mais admet une regrettable gagée.
Dorénavant, mort sera rendue depuis un bureau, Doublant, triplant, quadruplant la couverture,
Où d’un champ aux fleurs violemment vidées. Et peut-être à dimensions égales pour la vélocité,
Après tout, la flore de l’aimable sureau, Il faudrait sûrement être sujet de cécité,
N’accepterait jamais l’honneur de cette idée ! Pour n’en concevoir l’utile et fatale aperture.
Effectivement, eux, dans des fauteuils s’affalent, Toutefois, puisqu’il demeure un hic,
Et actionnent mollement des séries de boutons… Recharger ces bêtes constitue une vraie plaie !
Ah tiens… le minois d’une souriante minette… Haha ! Deux… trois minutes (même si cela déplaît),
Ah tiens… sur elle pleuvra la rafale. Vous seront requises pour la réarmer de son envolé chic.
04/09/2025 04/09/2025
Archer Catapulte
Armant son arc qu’il par-dessus tout chérissait, Au pied d’énormes structures formées de bois,
Un jeune homme, amoureux de sa patrie, D’ingénieries et d’usées pratiques militaires,
Gratifiera les membres d’une dense batterie, Faisant grincer des rouages du commanditaire,
De flèches à l’adresse qui ne périssait. S’exécute une meute d’indignes aux abois.
Depuis toujours, charmé par Guillaume Tell, À tout moment, des représailles de l’opposition,
(Nous parlons ici de son illustre légende), Réduiront à néant leur heureuse trouvaille,
Il, comme tout les enfants de son âge, mande, Et condamneront par conséquent à la perdition…
À ses parents la possession d’une de ces bagatelles. Une troupe de désavoués, sans sous ni travail.
En effet, dans un milieu où fer implacablement domine, Experts dans les mouvement de catapultes,
Non celui de la pointe d’un fin trait, Seul domaine dans lequel, ils, bellement s’illustrent,
Mais de celle d’une épée à plus noble portrait, À chaque décollage de boulet ils exultent,
Le songe d’un solitaire archer suscite famine. Qu’importe si de ces retombées certains se frustrent.
Cette discipline, bien que réservée aux pleutres, Réarmant la machine parfois un brin capricieuse,
Convenait à ce fier et pimpant adolescent, Qui leur demandait bien des efforts,
Qui percevait dans ce frais désir naissant, Sur les épaules d’âmes assurément audacieuses,
Un triomphe écrit au gras du feutre. Reposait la prise d’un haut fort.
04/09/2025 04/09/2025
Citoyens de droits Local
Défendant leur logis à la force de leurs moyens, Dans une forêt humide, chaude, tropicale,
Ces individus, prônant la chaine humaine, Où le port d’arme bruyant est durement prohibé,
Useront des tactiques les plus inhumaines, Car de l’européen il s’agirait d’inhiber,
Pour repousser avec ferveur le chien. L’on observe de la flûte une mort musicale.
Grattant au pas de leur propre demeure, En effet, ici, l’on n’abat au travers de coulées de sangs,
Crocs en avant et griffes toutes montrées, Mais par une sarbacane de bambou,
Eux se riront bien qu’ils meurent, Taillée pour que le moindre branchage cassant,
Au détour d’une audace subitement démontrée. Soit puni de l’inconnu du creux embout.
Eau bouillante, rochers, poussés d’échelles, Logée, tapie dans l’obscurité, une fléchette,
Autant de tactiques pour faire lâcher prise, Au dard bien évidemment empoisonné,
Ces coquins à la leçon jamais apprise, Dort paisiblement pour l’heure dans sa cachette,
Et ne guignant après un congé aux Seychelles. Avant de taire à jamais le déraisonné.
Rassemblant sémillants petits et grands, Silencieux, l’appareil entre ses lèvres,
Cette activité de château en temps de siège, Un chasseur, aborigène, croisa tantôt un vieux puma.
Aura néanmoins le mérite de faire écran, Connaissant pertinemment sa douloureuse fièvre,
À l’invasion du barbare et de ses pièges. Sa mort, d’un cierge il alluma.
04/09/2025 04/09/2025
Dirigeable
Boutoir
À bord d’un grandiose dirigeable,
À la une… à la deux… et à la trois ! Gonflé à ces gaz un chouilla inflammables,
VLAN !! Soudain, un énorme coup de bélier, Un matelot des airs pas si aimable,
Dont un pont relevé est ici proie, S’apprête à balancer un passager non des plus man-
Vient de secouer des langues tantôt déliées. geables.
Visiblement, la perspective de ce raffut, Les nommant ainsi pour les humaniser,
N’enchante vraiment les malheureux assiégés, Et passer d’un revers de manche l’atrocité du geste,
Qui, malgré la bonté d’un air allégé, En retrait, les genoux tremblants, tétanisés,
De lancers, en jurent tout leur confus. Il attendra qu’on le somme de lâcher du lest.
Encaissant en grognant ses vertes attaques, Ces « passages », donc bombes de manufacture,
Se figurant qu’ils leur feront payer, Constituent une obligation de conflit,
Les hardis, au chemin péniblement frayé, Et ce n’en déplaise à l’exorbitante facture,
Ne pourront que réagir du tac-au-tac. Qui ne cesse de blanchir de saints lits.
Levant prestement leurs maigres boucliers, Ah, ça y est… On vient enfin l’appeler…
Tentant de freiner la course d’une chute, S’approchant à pas mesurée, pour une raison ignorée,
Ils n’auront finalement que deux options, se replier, Peut-être pour ne trop se brusquer, lui le timoré,
Ou bassement se tirer des flûtes. De ces ancêtres de mort, il n’osera se rappeler.
04/09/2025 04/09/2025
Parachutiste L’éclaireur
3… 2… 1… Mes enfants, voilà l’heure de plonger. Toujours à l’affût du moindre son,
Eh oui… non sauter comme vous le pensiez, Mouvement perturbant le calme d’un environnement,
En même temps, lorsque se profile le dépensier, Qu’il soit urbain, ou d’un champêtre bourré de séneçon,
Prendre de la hauteur n’est-il acte obligé ? L’éclaireur, de furtivité s’éprend tout bonnement.
Ainsi parachuté du haut d’un coucou géant, Il compose le pointe de l’avant-garde,
Puisque de tels volatiles n’existent point, Et guette la présence d’éventuelles menaces.
Du moins en de plus modestes points, Bien qu’il tente de s’arracher de la vinasse,
Un escadron s’élance au-devant de son néant. Il appert que de sa vue, nul ne s’en sauvegarde.
Riant de l’inconfort de la lourde nuit, En effet, patrouiller sous de tels risques,
Eux se félicitaient que son couvert nuageux, Est même pour l’audacieux un courage dangereux.
Les garde pour l’heure de défenses ouïes, Là, nobles, artisans, villageois, et cul-terreux,
Dans lesquels l’ennemi y conçut l’orageux. Forment un mauvais présage que peu bisquent.
Désormais à quelques centaines de mètres de l’objectif, Assurément, à dos de scellés poneys,
Ouvrant là sèchement leur parachute, Ou exerçant l’amble de ses propres guibolles,
Ils atterriront au milieu de fumées et volutes, Croisant soudainement un nom qu’il marmonne,
Domaine de la guerre et de son joyeux affectif. L’infortuné pesta sur le creux de son bol.
04/09/2025 05/09/2025
Pilote du ciel Tireur d’élite
Son décollage est fort, puissant, vertical. Tapi dans les bas fourrés, depuis des lustres,
La sensation est d’ailleurs tellement atypique, Un individu, l’œil droit collé contre le réticule,
Que les fragiles et tendres cervicales, Surplombant la plèbe sur un bosselé monticule,
Croiront en la démonstration d’une course hippique. Poursuit et entretient l’image de l’illustre.
Le casque vissé sur de muettes oreilles, Une jumelle camarade, à son flanc énumère,
De par la radio grésillant sa chansonnette, Vitesse du vent, bourrasques, distance, cibles,
Malgré les rudes interjections de la Mère Mireille, Bref, autant de paramètres dans l’instant éphémère,
Ses occupants, de la sévérité, comprendront net. Inconnus du joug de l’invincible.
Ne pouvant en embarquer qu’une maigre poignée, Le soleil, bien à son aise, tapait fort…
Nous parlons en ces termes de soldats patriotes, Et avec le brûlant éclat de son renfort,
Non point de touristes et communes fiotes, S’accompagnait le métallique reflet d’un contrefort,
Le pilote, du manche se devra d’empoigner. Sublimant ainsi la pugnacité de son effort.
Plus adroit que ces férus d’automobiles, Le doigt élégamment posé sur la détente,
Où petites voitures courent furieusement sur le sable, Attendant couché les dernières instructions,
Notre conducteur déposera ses chers Playmobil, D’une sœur de longue et aveugle entente,
Là où l’on en jugera le périssable. Le tireur, droit de l’élite, d’une vie, sonna la destruction.
04/09/2025 05/09/2025
Fusilleur Bonnet phrygien
« Les ordres sont ordres… les ordres sont ordres…», Résonnant, l’appel à la révolte est irrévocable.
C’était ce qu’un indigent et coupable soldat, Il vous incite à commettre l’impardonnable.
Portant l’insigne du bourreau du désordre, En son nom, riches s’adoubent minables,
Se répétait dans une frousse qu’il se décoda. Et s’enlisent dans le culte de l’abominable.
« Les ordres sont ordres… les ordres sont ordres…», Sans crier gare, les murmures de la plèbe,
En face de lui paraissaient, prostrés, agenouillés, Se muent en un grondement sourd,
D’anciens camarades à la décence dépouillée, Emmenant les songes et espoirs de l’éphèbe,
N’internant plus qu’un l’orgueil ne sachant plus mordre. Au creux du nid de dirigeant vautours.
« Les ordres sont ordres… les ordres sont ordres…», Prenant les armes, comme parents et frère,
En rangs ordonnés, comme une brochette d’écoliers, L’enfant marchera le dos droit, droit vers la capitale,
Les têtes baissées et gratifiés d’un lourd collier, Pour aller chanter au roi un fiévreux récital,
Ces hères, impuissants, tentèrent tantôt de le tordre. En passe de réclamer d’insolvables honoraires.
« Les ordres sont ordres… les ordres sont ordres…», Le fin de la monarchie est pour bientôt…
Les tenant désormais en joue, Dans quelques jours tout au plus…
Se maudissant d’avoir élu pour ses armes l’Anjou, La triste vie de nos chers marchands de puces,
Le doigt sur la gâchette, hélas, ne parut le contrordre. Sera plus faste que ces sangsues prétendues lève-tôt !
05/09/2025 05/09/2025
Maquisards
Sauvage à cornes
Le bonnet phrygien, autrefois fièrement arboré,
Les barbares sont là… ces êtres à courtes haches, Dans une démonstration que l’on souhaita colorée,
Même s’ils n’en possédaient vraiment les attributs, Ces hommes, cherchant le couvert au fond de l’orée,
Et oui, l’on se fourvoie en beauté sur ces tribus, D’une bravoure patriote, à titre posthume seront déco-
Tant sur leurs coutumes que sur l’objet de leur cache. rés.
Seulement, de ces modernes accusations, Parfois perchés dans les hautes montagnes,
Le chrétien moyenâgeux, depuis son clocher, Il formèrent jadis un hardi bataillon,
Ne pouvant dès lors plus que de tête hocher, Qui, malgré le port de clairs et dévêtus haillons,
Soupira l’imminente irruption de cette civilisation. Défendit bellement la France… et même la Bretagne !
Hurlant le nom de leurs sacrés divinités, Faisant sauter des trains bourrés d’allemands,
Puisque l’Occident n’était seul à croire, Ou des simples wagons de marchandises,
Du flot de richesses le malotru s’en ira boire, Ces âmes, que le collabo n’appréciait tellement,
Qu’importe la virulente dénonciation de son impunité. Ravirent Londres d’une inestimable friandise.
S’approchant du sujet des convoitises, Depuis un paisible micro, le général de Gaulle,
Un autel aux plaisirs doucement scintillants, Œuvrant pour le rassemblement des derniers Français,
L’air sémillant, les yeux pétillants, D’une manifeste naïveté défiait… non tançait,
De ces trésors, sans vergogne, le rustre se les privatise. Quiconque vouait à la honte notre Gaulle.
05/09/2025 05/09/2025
