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L'Appel De L'Aube by Grare Stéphane - HTML preview

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L’Appel

De

L’Aube

L’Appel

De

L’Aube

Stéphane Grare

Les bouquins d’Eloane

N° ISBN 979-10-699-1753-8

Dépôt légal Décembre 2017

Tome II

Merci aux lecteurs qui liront ce manuscrit. Je vous ouvre

mon cœur sur la route qui me mène du rêve à la réalité.

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Avant-propos

Après un passé qui l’a troublé, Stéphane poursuit son chemin

vers de nouveaux horizons. Aujourd’hui, il n’est plus un enfant avec

des problèmes de poids, c’est un adolescent comme tous les autres

en quête d’identité. Il ne rêve plus d’un monde parfait afin de

s’évader dans un univers onirique où tout n’est que rêve et magie.

Désormais, son esprit n’aspire qu’à la sérénité d’une aube nouvelle

qui s’ouvre devant lui. Il redécouvre une réalité qu’il avait tant fuie

durant toutes ces années où ses camarades se moquaient de lui. La

réalité, un monde qu’il avait oublié. Même quand on est grand, le

monde peut paraître déroutant…

L’auteur vous emmène avec lui, par ce second tome, dans la

suite de ses récits. Si jadis, les rêves lui ont montré leurs limites,

aujourd’hui, c’est dans cette réalité où des murs lui font face. Même

s’il a toujours fui ses problèmes à travers des mondes imaginés,

Stéphane tente de se frayer un chemin pour trouver sa place au

sein d’une société qui l’a tant repoussée. C’est une période

d’instabilité où il doit trouver son équilibre sans ne jamais faire

demi-tour au risque de retourner dans cet univers onirique qui

parfois, l’appelle.

Stéphane laisse le temps le guider sur des chemins parfois

obstrués, le regard toujours tourné vers l’avant, il vit maintenant

ces jours présents. C’est avec cette même volonté, celle qui l’a fait

se retrouver qu’il combattra la réalité et accomplira sa destinée

pour triompher. Telle en est sa prière, qu’elle en soit sa foi et sa

lumière. Ce récit commence là où ses yeux se ferment, sur une

route qui l’emmène vers une nouvelle destination, une nuit durant

laquelle son cœur s’éveille.

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Chapitre 1

Évocations D’Un Soir

Le besoin de l’Homme est d’être aimé et d’aimer dans un monde

de rêves où tout est paix. Pourtant, sur notre Terre, j’assiste

impuissant à une danse où s’emmêlent deux éléments

contradictoires : bonheur et malheur. Lorsque le malheur heurte

notre bonheur, l’Homme se plonge dans la solitude. Cette solitude

détruit l’Homme, elle le conduit vers une mauvaise direction. M’a-t-

elle moi aussi condamné à prendre ce même trajet ? Plongé dans

l’obscurité, face à une sombre destinée, l’Homme cherche son

véritable destin, celui de la quête de l’enchantement divin, le

chemin d’un amour sans fin. Lorsque ce jour vient, le malheur

redevient bonheur. Est-ce une joie qui ne connaîtra point de fin ?

Plus que tout, c’est ce que je souhaite aujourd’hui. Ce sont des mots

que je note sur un cahier, il faut bien s’occuper. Avec ma famille,

nous venons de partir de Lille pour vivre une nouvelle vie.

Une nouvelle vie, oui, ça le sera pour moi. J’ai maintenant plus de

seize ans. Sur la route, je repense à tout ce j’ai traversé. Dans mon

enfance, je me suis enfui dans les rêves pour échapper à un

quotidien qui me rendait malheureux pour y concevoir un univers

enchanteur où je trouvais enfin le bonheur. Je vivais dans ma bulle,

isolé loin de tout, loin de la cruauté de la société qui se moquait de

mon obésité. Mon cœur cherchait l’amour. Si je le trouvais dans les

rêves, je devais bien me l’avouer, il ne viendrait jamais dans la

réalité. Un jour vint la fin de ce rêve, la terrible descente aux enfers,

le cœur effleuré, le cauchemar émergeait. J’étais prisonnier dans

cette sphère imaginaire, tournant en rond, sans savoir comment

me réveiller. Je cherchais mon chemin, mais en vain. Les murs se

dressaient devant moi, se renfermant de jour en jour sur moi-

même. Sans espoir de le trouver, je me perdais, je devais me

retrouver dans la réalité.

Comment combattre cette gourmandise qui avait fait de moi un

être horrible ? C’était la conclusion à laquelle j’en étais venu, une

question que je me posais pour tenter de trouver une solution. J’en

avais assez de tous ces gens qui me pointaient du doigt, de ceux qui

se moquaient de moi. Avec beaucoup de volonté, je me suis

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redressé pour affronter les conséquences d’un passé où je ne

m’étais jamais privé. Les semaines et les mois ont défilé devant

moi, j’avais la joie de pouvoir compter les kilos perdus par dizaines.

À chaque jour qui passait, l’espoir renaissait. J’ai mené des combats

dans le réel et l’irréel pour me retrouver. Parfois, il faut lutter. J’ai

pu dominer les songes grâce à leur magie pour devenir le maître de

mon royaume, le maître des rêves. C’est ainsi que j’ai brisé ce cercle

maléfique pour m’en échapper. Le sol s’est ouvert sous mes pieds

et la réalité, je l’ai regagnée comme un vent de liberté, le souffle que

je recherchais.

Notre père a été muté sur Grenoble, c’est pour moi une

opportunité de tout recommencer. Dans la voiture, nous

sommes un peu à l’étroit. Non, ce n’est plus moi qui prends toute la

place. Loin d’être fils unique, mes parents ont donné naissance à

deux filles et quatre garçons. Me précédant de cinq années,

Clémence, ma grande sœur est l’aînée. Elle est assise à côté de la

portière tout comme je le suis de l’autre côté. Je suis le deuxième

d’une liste qui n’a fait que s’allonger au fil des années. Clément est

né tout juste une année après moi, Fabien, deux ans après, et

Florent, une année après lui. Ils sont assis juste derrière nous. Mes

parents ont commencé par une fille et se devaient de mettre fin à

cette succession de garçons avec ma petite sœur Flora, qui naquit

huit ans après moi. Clémence la tient dans ses bras.

Tout en regardant par la fenêtre, j’aperçois mon reflet à travers

la vitre de la voiture. L’Homme a bâti un monde à son image et en

parlant d’image, je contemple la mienne alors qu’il y a quelques

mois, je ne me regardais plus. La société nous montre assez

l’exemple à travers les émissions de télévision ou les magazines,

comme une idée toute figée dont on ne peut se détourner. On nous

dicte notre ligne de conduite de manière explicite sur la façon dont

nous devons nous tenir si nous ne voulons pas nous faire

remarquer. Les années ont passé comme mon regard dans le miroir

qui s’est effacé à jamais, quand j’ai choisi de ne plus me regarder.

Quand mes camarades de classe le faisaient, c’était pour me

dévisager ou se moquer. Derrière la porte de ma chambre, je

m’évadais dans l’imaginaire.

À travers mes rêves, j’ai vécu des aventures sans pareil jusqu’au

jour où j’ai rêvé d’elle, mon être aimé. Elle était la lumière, celle que

je recherchais alors que dans la réalité, je croulais sous l’obscurité.

J’aurais aimé être invisible, mais croyez-moi, je ne risquais pas de

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le devenir, c’était de pire en pire. Au fur et à mesure que je me

négligeais, les choses empiraient. Le monde réel a rejoint mes

rêves. Plus j’avançais vers l’imaginaire, plus je me perdais dans la

réalité. Je ne pouvais plus faire marche arrière, le monde que j’avais

bâti s’écroulait sous mes pieds. J’étais prisonnier, cela ne pouvait

plus continuer. Bien sûr, il faut s’accepter tel que l’on est, encore

faut-il se respecter. J’ai franchi des limites, j’en ai payé le prix.

Personne ne devrait avoir à subir des moqueries, c’est une

injustice, on se sent comme banni.

Mon reflet, oui, je l’aperçois à travers la vitre. Je peux

maintenant lui sourire. Nous poursuivons notre chemin dans cet

endroit où nous serons entourés de montagnes. Elles nous offriront

la vision fascinante de paysages parfois saupoudrés d’une fine

couche de neige, même en été. Elles me font penser à ce rêve passé

où j’ai traversé des forêts hantées afin d’en gravir les sommets,

pour retrouver cette réalité. Cette page est bel et bien tournée.

Même s’il y a ce long trajet à surmonter, nous sommes tous

excités à l’idée de découvrir notre nouveau chez nous. Nos parents

ont décidé de rouler de nuit, de se relayer pour espérer arriver là-

bas en début de matinée.

– Maman, combien y a-t-il d’heures de route entre Lille et

Grenoble ? demanda Florent.

– Il y a bien neuf ou dix heures de trajet, répondit-elle avec

franchise. La route sera très longue les enfants ! Votre père et moi

allons conduire toute la nuit, vous allez devoir dormir dans la

voiture. Je sais que ça ne sera pas idéal, mais nous devons

absolument être arrivés pour l’aube.

– Nous nous arrêterons de temps en temps pour aller aux

toilettes ? l’interrogeai-je préoccupé.

– Oui Fanou, acquiesça-t-elle, ne t’inquiète pas, nous ferons des

pauses toutes les deux heures. Vous pourrez vous dégourdir les

jambes et prendre un peu l’air.

– On va habiter où exactement ? demanda Flora à son tour. Ce sera

une maison comme là où on était ?

– Non les enfants, nous ne serons plus dans une maison comme ça a

toujours été le cas, précisa notre mère. Nous habiterons dans un

appartement, le temps pour votre père et moi de trouver une

maison où nous irons nous installer par la suite.

– Ne vous inquiétez pas, nous rassura notre père d’un coup d’œil

dans le rétroviseur, ce ne sera pas très grand, mais ça ne durera pas

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très longtemps. Dès que nous serons installés, votre mère et moi

commencerons les recherches pour l’achat d’une grande maison.

Pour le moment, c’est notre père qui tient le volant.

– Et pour l’école ? se renseigna soucieusement Flora.

– Vos écoles ne se situent pas très loin de là où nous allons habiter,

vous pourrez même y aller à pied, nous informa notre mère.

– On s’en fout, on est encore en vacances ! fanfaronna Clément avec

son sourire habituel. Pour moi, il est hors de question de penser à

l’école, je vous le dis.

– C’est tout de même rassurant de savoir que nos écoles ne seront

pas trop loin, leur affirmai-je. Fini de prendre le métro ou le bus.

– Parle pour toi ! me rétorqua Clémence. En ce qui me concerne, je

serai forcément obligée de prendre les transports en commun pour

me rendre à la faculté.

Les heures défilent, chacun passe le temps à sa façon et s’occupe

comme il le peut avant que la nuit ne tombe. Clément et Fabien

jouent à un jeu vidéo sur leur console. Clémence et Flora discutent

toutes les deux et Florent, lui, ne dit pas un mot. Il observe le trajet

tout comme je le fais de temps en temps, en jetant un œil par la

fenêtre. Ces paysages qui défilent m’éloignent d’un endroit où j’ai

souffert et me confortent dans l’idée de me consacrer à mon

activité préférée : sur ce long trajet, j’écris, l’esprit pensif.

L’Homme naît pour accomplir un devoir qui doit le mener vers

un immense bonheur, l’éternelle quête. La recherche de cette

félicité ne peut se réaliser dans un monde où les rêves deviennent

parfois réalité. La vie est un rêve, mais tous les rêves ont une fin, tel

est le destin. Le destin est tracé, mais le chemin se choisit, le choix

est celui de la voix, la voix est celle de notre conscience, la

conscience est notre guide, guide du destin. Notre destinée est un

mystère à nos yeux, elle ne se découvre que par des sentiers que

chaque être choisit au cours de sa vie.

Un instant, je m’arrête d’écrire pour le regarder. Fifi, notre

animal de compagnie est sage comme une image et se demande

probablement où nous l’emmenons. C’est un chat exceptionnel, il

m’a si souvent regardé pleurer… Il n’aura plus à me consoler, j’en

suis persuadé. Il y a toutefois un vide que j’aimerais combler. Quel

est le sens de la vie ? Pour moi, il n’est relié qu’à un fil : l’amour.

Telle est la raison essentielle de la vie de l’Homme, la recherche de

l’amour est la quête la plus importante d’une vie, mais je l’avoue, la

plus difficile.

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Mes parents se sont passés le relais, c’est maintenant ma mère

qui conduit. Mes frères et sœurs se sont tous endormis, ou presque.

Moi, je ne me suis pas encore assoupi et Florent semble rester sur

le qui-vive comme s’il montait la garde ou alors, il n’arrive pas à

s’endormir lui aussi. Peut-être est-il tout simplement soucieux ?

Notre père, lui, semble grincheux. La nuit ne sera pas paisible.

Mon regard traverse la vitre par laquelle j’aperçois la nuit, je

m’interroge et me questionne sur mon devenir. Je pense que

chaque homme a une tâche à accomplir sur Terre, une quête que

nous devons tous poursuivre. L’Homme cherche son véritable

amour, tel est l’objet de sa quête, celle qui constitue son véritable

bonheur.

Que sont nos sentiments ? Pourquoi sont-ils ? On ne peut pas les

expliquer avec de simples mots. Tel un volcan qui s’éveille, le cœur

est une source où jaillit notre amour. C’est par rapport à une

personne que l’on aime plus ou moins, qu’on éprouve des

sentiments plus ou moins forts. Certains ne sont que des

sentiments d’amitié, d’autres des sentiments plus avancés. La

recherche de l’âme sœur est la conquête d’un rêve, celui d’un

amour immortel.

Quand on me parle du véritable amour, que dois-je répondre ?

Nul besoin de le chercher, souvent il est déjà à nos côtés. Inutile de

le regarder avec les yeux, c’est en écoutant son cœur qu’on peut le

trouver. Pour cela, il faut suivre son instinct et suivre sa destinée.

Est-ce que j’ai une âme sœur, si oui, où est-elle ? Elle comblerait le

vide dans ma vie et éloignerait de moi tous les soucis que l’on peut

rencontrer au cours d’une existence. Je pourrais tout lui dire, elle

me comprendrait, la rencontrer enfin serait la fin de tous mes

chagrins.

– Aide-moi, priai-je à voix basse en levant la tête vers le ciel.

À cet instant, je pense à mon être aimé, celle à laquelle je rêvais.

Je voudrais tellement qu’elle soit vraie. On ne sait jamais ce que la

vie nous réserve, chaque jour en est un autre et là-bas, tout sera

différent comme je le suis à présent. C’est un peu comme si je

partais vivre sur un nouveau continent. Dans cette nouvelle ville où

nous résiderons, personne ne saura jamais comment j’étais avant.

Mon passé s’efface sans laisser de trace même s’il en laissera

toujours dans ma mémoire et dans ces écrits aussi. Aujourd’hui,

j’aspire à trouver mon équilibre : avoir des amis et un amour vrai

avec cette âme sœur rêvée. Elle était celle qui m’aidait à me

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raccrocher à la vie pour faire face à la réalité qui me déprimait. Au

lycée, j’espère ne plus jamais être rejeté et pour le reste, un jour

peut-être, je la rencontrerai dans cette réalité.

Je viens de commencer une nouvelle page de mon histoire. Il

m’appartient de tracer mon chemin, seulement, je ne sais pas par

où commencer…

– Dois-je te chercher ? Dois-je t’attendre ? continuai-je de prier

toujours aussi silencieusement, hanté par toutes ces questions qui

me trottent dans la tête. Et si tu me tendais la main afin de réunir

nos chemins, je t’en supplie.

Le plus beau cadeau que je pourrais lui offrir serait mon cœur,

c’est la chose la plus précieuse qu’une personne a en ce monde.

L’amour est un trésor inestimable. Et si la vie est un rêve, alors ce

rêve doit nous mener à une joie éternelle. Chaque rêve a une fin,

l’harmonie du bonheur ne peut exister dans une terre fragilisée où

la destinée des rêves laisse présager un instant, la présence d’une

allégresse qui se meurt. Dès lors, le bonheur touche à sa fin, tel est

le destin d’un rêve et celui d’une vie.

Finalement, la vie est un drôle de parcours... Nous avançons sur

les routes, on emprunte parfois l’autoroute. Toutes les deux heures,

nos parents s’arrêtent sur les aires de repos pour se reposer et se

passer le relais.

– On s’arrête une vingtaine de minutes les enfants, annonça notre

mère d’une voix calme tout en s’adressant à ceux qui ne dorment

pas encore.

– Je vais fumer, ronchonna notre père plus bruyamment.

– Doucement, chuchota notre mère, les enfants dorment tous ou

presque, laissons-les dormir.

Ceux qui sont réveillés en profitent pour aller se dégourdir les

jambes quelques minutes seulement. C’est l’été, mais en pleine nuit,

les températures se rafraîchissent. Ceux qui sortent préfèrent vite

revenir, moi y compris. Je ne peux pas en dire autant de notre père

qui préfère assouvir son manque de nicotine. J’aimerais

l’encourager à arrêter, je sais qu’il a déjà tellement essayé,

comment pourrais-je l’aider ?

Tout est calme et silencieux, les automobilistes ont déserté les

routes, mais pas nous. Dans la voiture, il n’y a plus de bruit. Il est

déjà temps de repartir, de reprendre ce long trajet sur lequel je

préférerais m’endormir au lieu de réfléchir. Abandonnant mon

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passé à la nuit, j’aimerais offrir mon avenir aux jours qui vont

suivre.

Mon père a repris le volant. À chaque borne que nous passons,

ma nouvelle histoire se construit. Elle avance vers l’inconnu, il n’y a

plus d’intrus, tout ce que j’ai vécu est révolu. Désormais, je n’ai plus

la tête tournée vers le ciel, mes pieds resteront bien accrochés au

plancher. C’est dans la réalité que je veux maintenant avancer,

même si je reconnais volontiers qu’une part de rêve reste ancrée

en moi. J’aimerais qu’elle rejoigne la réalité pour créer un monde

parfait. L’être s’éveillerait dans un Nouveau Monde, une terre

nouvelle où le rêve n’aurait plus de fin, un seul rêve, celui d’un

amour sans fin. La vie fait vivre la Terre, la mort fait briller le ciel. À

cet instant, mes yeux se sont fermés, il était temps, je n’arrêtais pas

de bâiller.

Un jour, je m’endormirai pour l’éternité, nous y sommes tous

destinés, c’est un passage obligé. À travers mon sommeil naîtra un

rêve qui n’aura point de fin, un rêve où seule la félicité régnera

dans une contrée de joie et de paix ; un royaume où, comme un

oiseau, je m’envolerai vers un amour éternel. Chacun choisit sa

route, le grand voyage est le dernier chemin, celui du destin de tous

les Hommes, celui qui nous mène vers notre dernier rêve. La mort

est une porte qui sépare le royaume des mortels de celui des âmes

qui errent au paradis ou en enfer.

Chaque Homme dessine un rêve à l’image de sa personnalité. S’il

est un homme bon, ses songes l’élèveront, mais s’il ne l’est pas,

alors au contraire, ils le plongeront vers une destination profonde.

La lumière s’élève toujours au-dessus de l’obscurité. Il nous

appartient de choisir notre chemin, telle est ma définition du

« paradis » et de l’« enfer », le jugement d’un Homme ne se fait que

sur ses véritables valeurs. Chacun choisit son dernier rêve, le mien

est celui d’un autre univers, un monde qui sera le mien et où mon

amour n’aura pas de fin. Si les rêves ont une fin, quelle sera la fin de

notre dernier rêve, un rêve sans fin ?

– Les enfants, les enfants…, entendis-je abasourdi. C’est l’heure de

vous réveiller, annonça d’une voix toujours aussi calme notre mère

qui est actuellement au volant.

– Allez, les enfants, réveillez-vous ! dit à son tour notre père d’un

ton plus élevé alors qu’il se tourne vers nous comme pour nous

secouer.

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– Ça y est, nous arrivons à destination ? demanda Clémence très

lentement les yeux à moitié endormis.

– Oui, nous arrivons ! s’exclama prestement notre père.

L’appartement se situe juste au coin de cette rue, nous montra-t-il

d’une main empressée.

Le jour s’est levé, nous sommes tous en train de bâiller, mais ce

n’est plus le moment de rêvasser. Finalement je me suis endormi

contrairement à Florent.

– Tu n’as pas dormi de tout le trajet, s’adressa notre mère à Florent,

en le regardant d’un œil sur le rétroviseur intérieur.

– Non, je n’ai pas trouvé le sommeil. J’ai préféré regarder le trajet.

– Eh bien mon garçon, tu vas être bien fatigué pour cette longue

journée qui nous attend, poursuivit notre mère surprise.

Florent est vraiment quelqu’un qui a beaucoup d’énergie. Il est

resté sans dormir cette nuit pour surveiller la route. On peut dire

que c’est quelqu’un de bienveillant ou alors était-il seulement

inquiet ?

Nous avons fait un long voyage, tout le monde est fatigué, mais

ça y est, nous sommes au bout du trajet et avons atteint notre

destination. Le camion de déménagement est déjà arrivé,

l’emménagement peut commencer. Nous allons devoir porter des

cartons pour ensuite les déballer. Il n’y a pas d’ascenseur, nous

sommes au dernier étage, mais, par chance, le bâtiment ne s’élève

pas bien haut, il n’est composé que de deux étages. Il n’y a pas

beaucoup de marches et les paliers sont assez larges.

Nous nous sommes bien organisés, à la chaîne, nous avons

déchargé l’intégralité du fourgon, porté et déballé quelques affaires

une grande partie de la journée. Bien sûr, les meubles, nous ne les

avons pas encore tous assemblés. Il y aura encore tellement de

choses à ranger, la soirée est vite arrivée, nous sommes tous usés.

Nous avons mis nos matelas à même le sol dans nos chambres

respectives pour vite nous endormir. C’est notre première nuit ici,

dans ce logement où nous venons d’emménager près de Grenoble,

en banlieue, à Saint-Martin-d’Hères.

– Les enfants, nous interpella notre père soucieux, la vie en

appartement, ce n’est pas la même chose que lorsque l’on vit dans

une maison. Il ne faudra pas chahuter comme vous le faisiez jusqu’à

présent. Il y a des gens qui vivent en dessous.

– On fera attention à ne pas faire trop de bruit, le rassura Clémence.

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– C’est surtout aux garçons que je m’adresse sur ce point, reprit-il

en se tournant vers nous.

– Ne t’inquiète pas papa, lui dis-je à mon tour, on fera attention,

c’est promis.

Étant l’aîné d’entre mes frères, notre père m’invite à acquérir

une certaine responsabilité. Il m’appartient de montrer l’exemple à

suivre et de veiller sur mes frères pour les protéger et les

responsabiliser à mon tour.

– Et pour Fifi ? s’interrogea Fabien.

– Il va devoir s’habituer à cette nouvelle vie lui aussi, précisa notre

mère. Hormis un balcon, il ne va plus pouvoir se promener sur les

toits comme il le faisait jusqu’à présent.

– Fini la vie de baroudeur à jouer les chats de gouttière, s’exclama

Clément.

– C’est une vie de pacha qui l’attend, conclus-je.

– Maintenant, il est temps de dormir les enfants, nous demanda

notre père avec empressement.

– Je sais que c’est le premier jour et notre première nuit ici, ajouta

notre mère. Le voyage et le déménagement ont été épuisants, mais

après une bonne nuit de sommeil, vous verrez, demain, ça ira

mieux.

Concernant la répartition des chambres, rien ne change, je suis

toujours avec Clément. Fabien et Florent poursuivent leur duo

façon jumeaux, avec l’art et la manière de toujours s’habiller de la

même façon. Quant aux deux sœurs, Clémence et Flora sont de

nouveau toutes les deux. Les chambres, je ne les trouve pas très

grandes, nous y serons plus à l’étroit. Toutefois, nos parents nous

l’ont promis, ce n’est que temporaire, le temps de la transition.

Grenoble est une bien jolie ville avec sa patinoire et sa bastille,

entourée de toutes ses montagnes aux reliefs si réussis. Une

nouvelle vie commence pour nous tous ici, sous un climat embelli.

Et pour l’heure, personne ne s’est couché tard. Même si je suis dans

mon lit, une fois de plus pour cette nuit, mon esprit reste vif. Je

ressens parfois une certaine connectivité lorsque je suis allongé. Je

ne l’explique pas, elle a probablement toujours été ancrée en moi,

mais ne la comprends pas.

Il y a des soirs comme cela, des soirs où nous avons des idées ou

des pensées plein la tête. Je n’arrive décidément pas à trouver le

sommeil. En tout cas aujourd’hui, je n’ai plus besoin de fermer cette

porte derrière moi. Je ne me sens plus prisonnier des rêves, là où

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j’ai fui la réalité de mon passé. Désormais, je la laisse ouverte

puisque cela ne dérange pas mon frère. Certes, la porte des rêves

est éternelle et toujours elle nous conduit dans les rêves, mais ce

n’est plus pour autant qu’elle en devient un cauchemar. Le monde

que je m’étais inventé a fini par me tourmenter, c’était un combat

que je devais mener pour me retrouver entre le rêve et la réalité.

Ce cauchemar, je l’ai combattu, je l’ai brisé alors qu’il m’oppressait,

il ne reviendra plus jamais. J’en suis délivré, j’en suis persuadé.

L’aube de ma jeunesse est révolue. Je respire un air nouveau, celui

du changement.

Ma sœur Flora vient d’ouvrir sa petite boîte à bijoux contenant

un mécanisme musical, je l’entends d’ici. Il se déclenche lorsqu’on

ouvre le couvercle et actionne la rotation d’une petite danseuse

toute mignonne. J’aime ces petites notes symphoniques qui

adoucissent mon esprit et pour cette nuit, m’aident à m’endormir. .

L’histoire reprend, c’est un nouveau commencement avec des

rêves comme tout le monde en fait. La suite de mes écrits se

poursuit dans ce nouveau récit à travers lequel j’attends le passage

d’un oiseau rare. Il me donnera, je le souhaite de tout cœur, des

ailes pour m’envoler et me transcender dans cette nouvelle réalité.

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Fin du tome II

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Note de l’auteur

J’ai commencé l’écriture de mes récits à l’âge de quinze ans.

Depuis, les années ont passé, toujours mon cœur j’ai écouté. Au fur

et à mesure, je griffonnais sur des bouts de papier des mots qu’il

me dictait. Même si avec le temps, l’encre bleue a fait place à l’encre

noire, broyés par des pensées noires, mes écrits ont toujours été

pour moi une sorte de thérapie. Ils me guident lorsque je suis

perdu et m’aide à retrouver un chemin que je cherche en vain. On

parcourt tous une route qui nous conduit vers l’inconnu. Si pour

moi les rêves n’ont plus de secrets, je n’en dirai pas autant de notre

réalité, là où sont mes pas désormais. Même si à travers cette

œuvre, je vous ai conté des rêves de mon enfance, celle-ci a fait

place à l’adolescence.

Je naquis à Calais, une ville implantée sur le littoral de la

Manche, le vingt-deux janvier mille neuf cent quatre-vingt-un.

Après avoir vécu pendant une douzaine d’années à Marck, une

petite ville située dans le Pas-de-Calais dans le Nord, nous sommes

partis vivre à Lille durant quatre années avant d’arriver à Grenoble

l’été de l’année mille neuf cent quatre-vingt-dix-sept. Cette année

pour moi, tout a changé. C’est une seconde chance que l’on m’a

donnée pour me réinsérer socialement d’un passé où j’ai été

marqué par le rejet suite à des problèmes de poids que j’ai su

surmonter.

Toutes ces moqueries que j’ai subies n’ont fait qu’alimenter mon

désir d’écrire pour décrire ce que je ressentais à travers une «

bulle » que je me suis créée pour me protéger, aujourd’hui je me

suis retrouvé. Avec le temps, les mots ont composé des phrases, les

phrases ont alimenté des paragraphes et les paragraphes ont formé

mes textes. Quand je me relis, ils me décrivent tel que je suis, un

être sensible qui aime la poésie.

Mon passé a fait naître cette sensibilité et les rêves m’ont

toujours fait voyager à travers l’irréel dans des contrées imaginées,

aujourd’hui, je redécouvre la réalité. D’un simple puzzle, « L’aube

de ma jeunesse » a pris forme et se retrouve maintenant

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entrouverte entre le réel et l’imaginaire. « L’appel de l’aube » me

tend la main et s’ouvre devant moi, c’est maintenant vers elle que

j’avance, poursuivant mon chemin à travers mes nouvelles années

au lycée.

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Remerciements

Je remercie les lecteurs qui, peut-être, ont déjà lu le premier

tome et ont pu découvrir la suite de mes péripéties à travers ces

nouveaux récits. J’espère que mes écrits vous plaisent. Si tel est le

cas, je vous donne d’ores et déjà rendez-vous pour le dernier tome.

J’exprime toute ma gratitude aux bouquins d’Eloane sans qui, je

n’aurais jamais pu concrétiser ce second roman.

Évidemment, je tiens à remercier mes amis qui me soutiennent

toujours dans la réalisation de mes projets, et plus

particulièrement Génifer Larney qui m’encourage vraiment dans ce

que je fais.

Pour terminer, et je ne les oublierai jamais, j’exprime toute ma

gratitude à ma famille. Vous êtes les membres les plus formidables

que l’on peut souhaiter avoir à ses côtés. Nous avons de la chance

de former une si belle et grande famille.

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Synopsis de la suite et fin – Tome III

Les années ont passé, je l’ai enfin rencontrée. Tout est vrai, rien

n’est plus imaginé et rêvé. Mon passé, je l’ai enterré, mon amour

lui, grandit d’année en année. Elle est ma moitié, celle que j’ai

espérée, la clé d’un bonheur que j’ai tant recherché. L’histoire

reprend lorsque les rêves nous rejoignent, certains deviennent

réalité.. On s’est aimé, on s’est marié. Elle est mon rêve, ma

destinée, celle dont j’ai toujours rêvé. Mais la vie ne donne rien, ce

que la vie donne, un jour elle le reprend, toujours. Dans mon passé,

il y a un cauchemar auquel j’ai échappé, je croyais qu’il m’avait

oublié, à cet instant j’ignorais qu’un jour lui aussi deviendrait une

réalité.

Dédié à la mémoire d’Élodie (1982 – 2015)

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27

Note biographique

Issu d’une famille nombreuse, Stéphane Grare est un passionné

des sciences et en particulier de l’astronomie. Dans le Nord de la

France, après des années collégiennes tumultueuses, c’est à l’âge de

quinze ans qu’il commence à rédiger des écrits, qui comme une

thérapie, l’aident à réagir face à la vie qui est déjà dure avec lui.

Il aime s’enfermer dans sa chambre, pour fuir la réalité d’une

société qui le rejette. Alors la porte de ses rêves peut s’ouvrir… tout

un symbole.

Des déménagements familiaux successifs l’emmènent dans le

sud de la France et c’est à Marseille qu’il rencontre sa future

épouse.

En 2008, il crée une association pour développer une gamme

d’applications dédiée à la bureautique et obtient très vite, après

une formation, la reconnaissance en décrochant un emploi de

Concepteur Développeur informatique.

Il avançait dans la vie avec son épouse qui, en 2012, se voit

atteinte de la maladie de Charcot qui l’emporte en 2015. Pour

éviter de sombrer et lutter contre cette descente aux enfers,

Stéphane Grare reprit ses écrits qui l’avaient tant aidé à surmonter

ses difficultés durant sa jeunesse.

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